Les Liaisons délicieuses

Cher corps,

Pour que le pigeon continue son voyage, (re)prenons le pli !

 

Dimanche 18 mars 2018,

Merci mes pieds de me soutenir chaque jour, de m´emmener à droite, à gauche, vite la plupart du temps, alors que je ne vous témoigne que peu d´intérêt. Ô chevilles, si fines et si solides, comment danserais-je sans vous ? Sacrés genoux ! si endurants, vous me permettez de gravir les échelons de la vie. Et vous, cuisses, que je critique, que je tripote en faisant la moue, fidèles piliers qui me maintenez, je devrais maintes fois vous masser. Mon sensible con, que j´accuse parfois, que je n´ose nommer, que j´oublie souvent. Puit où se niche ma jouissance, tu mérites d´être flattée plus souvent. J´agite le drapeau blanc à mes fesses : je vous ai si longtemps dédaignées voire détestées alors que vous avez toujours été fidèles, moelleuses et confortables. Ô ventre, je te tire mon chapeau d´être encore vigoureux après des kilos de Mc Do, des tonnes de conservateurs, des pelletés de sucre et des montagnes de stress. Je promets de te ménager dorénavant. Mains, que ferais-je sans vous ? Sûrement pas éprouver la douceur de la soie ou la chaleur d´un corps. C´est décidé, je vous regarderai avec amour. Bonjour mes seins, désolée de vous brider pour répondre aux canons de la beauté, bravo d´être si fermes et doux après avoir enduré tant de changements climatiques et avoir été titillés par des bouches viriles. Vous, qui ne demandez qu´à être caressés… Merci à mes épaules, malgré les haussements et froissements, vous êtes stables et garantes de mon équilibre. Oh mon dos, toi que j´accuse régulièrement alors que tu supportes le poids de mes décisions. Echine qui se courbe sous la peine, qui se tend de frustration et qui porte mes espoirs. Toi, le mât de mon navire, je m´incline devant ta robustesse et je te vaux bien plus de soin. Chère nuque, si fière et délicate, indispensable pour tenir tête à mes pensées. Je te couvre de baisers. Oh bouche, lèvres et langue, si sollicitées, merci d´être sensuelle, déliées, pendue. Je vous bise avec gourmandise. Cher nez, toujours à te pointer en première ligne, je te mène la vie dure avec mes épanchements, sans cesse je t´inspecte. Alors que tu me permets d´être transportée par des fragances exotiques. Ôreilles, je ne m´occupe jamais de vous sauf pour vous triturer avec un bâton ouaté ou vous censurer en vous bourrant de cire. Mais j´oublie que grâce à vous, j´entends les pépiements des oiseaux et je peux me déhancher sur des rythmes endiablés. A vos jolis petits lobes, je suspends perles et pendants qui illuminent mon visage. Ouïes, je vous écouterai mieux à present. Mes yeux, je vous considère quand vous débordez, je vous essuie agressivement même parfois. Pardon. Je devrais vous honorer car à travers vous, je m´émerveille, lance des clins d´oeil à la vie. Cher cerveau, oui je t´en veux beaucoup ces temps-ci. Tu me mènes en bateau, tu rumines à grande vitesse et m´empêche de dormir. Je suis un peu dure c´est vrai mais je t´aime, tu sais. Je te remercie précieux gardien de mes souvenirs, interprète linguistique. Tu m´évites bien des dangers et tu m´aides à formuler mes besoins et désirs. Allez, on fait la paix ?

Cher corps, je t´ai négligé, mais aujourd´hui, juré craché, je vais te penser.

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3 réflexions au sujet de “Cher corps,”

  1. Très beau !
    L’avantage avec la méditation quotidienne est que l’on ne risque pas de l’oublier ce corps chéri !

    J'aime

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