Dites ouïe !

En mai, souviens-toi des pavés

speakers-2135823_1920.pngA écouter…

 

A lire…

Il y a tout juste 50 ans, certains clament haut et fort qu´il est ”interdit d´interdire”. Des étudiants en colère s´organisent et luttent pour de meilleures conditions et surtout pour une liberté infinie. Je me souviens du lycée, mes années hippies, en filière L option théâtre. L ? Comme Libertins, Lâchez -nous la grappe ! Je rêve d´un nouveau mai 68, de faire l´amour pas la guerre. Je ne sais pas précisément ce qui s´était joué pendant cette lutte mais je me sens “engagée” et pleine d´énergie revendicatrice. Je participe à mes premières manifs et je me sens insolemment vivante. Crier des slogans avec les copains et s´emparer de la rue c’est jouissif, mais disons que j’apprécie surtout l’ambiance et la cause me parait un peu lointaine. Aujourd´hui, j’admire ceux qui déambulent le point levé, qui monte des barricades et squattent des zones à defendre. Ceux qui débatent toute la nuit dans des amphis et distribuent leur discours avec véhémence. Ceux qui composent, qui gribouillent, qui graffent leurs idéaux. Ceux qui font grève sans hésiter. Ceux-là, je voudrais les remercier parce qu´ils font du bruit et parfois, souvent bouger le monde. Souvent, je me sens en décalage, voire même coupable de ne pas « être à la page », de ne pas être plus activiste. Je me rêve en pionnière mais je préfère rester dans mon canapé plutôt que de descendre dans l´espace public. Je me reproche d´être nombriliste et pas assez tournée vers l´extérieur. Mais cet extérieur semble si noir, si angoissant, si dangereux. Pourquoi nous parle-t-on que des disparitions, expulsions, exterminations, liquidations ? Je sais que ça existe, que l´homme est cruel et que le monde va mal mais je sais aussi que des gens sèment, que d´autres rêvent et en font profiter les autres. Alors, loin des barricades, je réalise que moi aussi je lutte au quotidien. Mon combat ou plutôt la mission dont je me suis investie c´est de me rappeler que la couleur a remplacé le noir et blanc, je m´efforce d´être joyeuse, de rire autant que possible, d´ être complètement moi et de ne faire que ce qui me fait vibrer. Et comme je me sens l´âme d´une leadeuse et que je crois très fort en ma mission, j´essaie au quotidien d´ensorceler les miens (et les autres aussi !).

Je détourne la poste pour glisser des cartes postales bariolées entre des pubs et des factures. Je dégaine des sourires à la grisaille. Je fais des pieds de nez au pessimisme. Je vote pour le port des larmes. Je dévore des mets gras en toute jubilation. Je fais l’amour comme une globe-trotteuse. Je dépense avec allégresse. J´accueille à bras ouverts la médiocrité. Je saute à pieds joints dans la flaque de la gaieté. J´écoute vraiment les gens parler. J´ouvre les stores qui occultent les pensées. Je flirte avec les critiques. Je glisse des poèmes dans les poches des sceptiques. Je pose mes mains sur les maux. Je déclenche l´heure de la récré. Je danse avec les cailloux. Je construis des barrages en plumes et brindilles. Je manifeste mon contentement. J´éclate de rires au nez de la peur. J´embrasse les bougons.

Je suis plutôt une activiste du genre green bises en fait…c´est peut-être parce que je suis née au même moment que les Bisounours ! En tout cas, moi, en mai, et chaque mois de l´année, je lance des pavés…de bonnes intentions !

 

1 réflexion au sujet de “En mai, souviens-toi des pavés”

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