Dites ouïe !

Gloutonne-free

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À écouter

 

À lire

Je me considère comme quelqu´un ayant une hygiène de vie assez irréprochable…je ne fume pas, je ne bois presque jamais d´alcool, je mange équilibré…mais j´ai cette pulsion…incontrôlable. Je plonge la main dans le sac, mes doigts rencontrent différentes matières : c´est mou et granuleux, dur et frais, gélatineux, collants…l´expérience tactile ne dure pas longtemps car je porte rapidement la pêche à ma bouche. Et là, c´est l´explosion de saveurs. Vient aussitôt le soulagement puis l´envie de recommencer. Je ne peux pas m´empêcher d´arrêter quand j´ai un sachet de bonbons sous la main…en plus, en Finlande, il y a des distributeurs de bonbons en vrac dans les supermarchés…toutes ces couleurs alignées, acidulées qui m´appellent “choisis-moi !”. C´est de la torture ! Alors, je m´interroge, parce que j´aime bien analyser en général, je n´ai pas franchement été privée de bonbons dans mon enfance. Je ne crois pas me venger d´une quelconque interdiction. Je mange largement 5 fruits et légumes par jour donc ce n´est pas que je manque de sucre. Souvent, ça arrive quand je regarde un film…même si c´est passionnant c´est dingue que je ne puisse pas me concentrer sur une histoire sans avoir à grignoter. Comme si ma bouche était jalouse de mes yeux et réclamait son dû “moi aussi je veux me régaler !”. Alors, je m´empiffre sans même regarder ce que j´empoigne, après tout c´est moi qui ai choisi donc je peux plonger sans risque. Peut-être que c´est de la nostalgie, quand on mangeait du chocolat avec ma mère devant des séries ou quand on se gavait aux goûters d´anniversaire. Bon ok, je suis adulte, ça devrait me passer mais non… Et puis, c´est comme si je voulais en mettre le plus possible dans ma bouche, faire un feu d´artifice de sucre sous mon palais. Ca me rappelle ces concours où les gens dévorent le plus de hamburgers en 10 minutes. Ca me dégoute quand je les regarde mais par contre  ça ne me derange pas d´engloutir 1 800 calories en 5 minutes ! Je sais que je vais avoir mal au ventre très vite, que j´aurai cette désagréable sensation de dents qui collent et de langue qui pétille mais je ne peux pas m´en empêcher. Bien sûr, j´ai essayé la méditation…me concentrer sur ma respiration quand j´aperçois le sac en haut du placard mais une petite voix me souffle “allez, t´en as besoin alors lâche-toi”. Car oui j´en ai besoin. Clairement, les petits bonshommes dans mon corps qui font la sieste après s´être repus d´un risotto brocolis-amandes bio m´en veulent en voyant arriver la vague d´insuline qui les jette hors de leur hamac, allume toutes les lumières et diffuse “I like to move it” à fond. J´aimerais pas que ça m´arrive. D´ailleurs, je pourrais tout aussi bien, mettre mes baskets et aller faire un jogging au lieu de me saisir du sachet tentateur. Mais je choisis les bonbons et me dis que j´irai courir après. Comme ça, ça s´annulera. Je cède à cette pulsion, car je sens quelque part un signal d´alarme… Il y a comme des problèmes de connexion. Alors que j´ai mangé il y a une heure, je sens un creux dans mon estomac, l´impression que les patates sont restées coincées dans ma gorge. Et là, je sais, que plonger la main dans le sac me soulagera… Je me fais un bouclier avec un oeuf au plat, je prends une banane comme arme et des dragibus comme munitions, une fraise comme casque, j´enfourche un crocodile et je m´en vais guerroyer contre l´anxiété ! Au passage, je dégomme la peur de grossir, j´assomme la raison, j´écrase le sentiment de culpabilité et je triomphe avec un sourire béat mais un état proche de la nausée. Ceci dit, les grands guerriers doivent ressentir ça aussi. Bref, je me gave pour me calmer ! Il parait que le sucre est plus addictif que la cocaïne. Moi, il me soulage…sur le coup. Après ce craquage, je me dis “plus jamais” mais ca finit par revenir. Je me rassure, le tout est que ca ne soit pas trop souvent et l´important est que je sache pourquoi je le fais. J´ai un gros cafard, je peux pas voir mes amis, alors je me fais ce plaisir. Bon évidemment, ce serait moins néphaste si je mangeais une pomme. J´ai essayé et même si elle juteuse et craquante, elle ne fait pas l´affaire. Quand je serai grande…ment sage et que je sentirai cette pulsion revenir, je regarderai le maudit sachet et lui dirai “écoute, je sais que tu peux me calmer, mais là j´ai besoin d´un remède à plus long terme et plus sympa pour mon corps, alors désolée mais je file à la piscine” ! Outrés, tous les bonbons se regarderont et se diront “wouah, elle a carrément évolué !”. Mais pour l´instant, je plonge la main dans le sac avec délectation.

 

2 réflexions au sujet de “Gloutonne-free”

  1. Persevère avec la pomme juteuse, ça fonctionne 🙂 Et le mieux est de ne plus jamais emprunter le rayon de ces petits diables. Comme tu dis, le sucre est une vraie drogue qui cause d’autres dégâts plus graves que les seules grosses fesses (même si les tiennes ne le sont pas bien sûr 😉

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