Ondes sensibles

Je t´aime…moi non plus

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« Donner de l’amour, c’est vouloir donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » Jacques Lacan

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« Ça y est la fête est finie » comme disait la chanson, sauf que là c´est pas les amis qui sont partis… Oui la tempête dure depuis longtemps, elle est souvent harassante, nous bringuebale dans tous les sens, nous fait perdre le nord mais parfois il y a des éclaircies, des trouées d´espoir à travers les nuages menaçants. Pourquoi je me sens si abandonnée moi qui clame haut et fort que je suis une femme libre ? Je suis celle qui conseille à toutes de quitter celui qui plombe leur joie de vivre…c´est l´hôpital qui se fout de la charité. Je voulais de l´exotisme mais je souffre de me trouver face à un étranger. Je me targuais de te connaître par coeur mais je me sens arroseuse-arrosée. Oui, j´aime les surprises mais celle-ci j´ai du mal à la digérer.  Qu´est-ce qui fait si mal ? Que tu aies le culot de ne plus me désirer ?  Que notre vie confortable soit bousculée ? Les techniciens viennent désormais retirer le filet de sécurité alors que l´acrobate vacille. J´te comprends, elle est pas sexy Jacqueline…mais c’est pour de faux, tu sais ?! Je voulais être la sorcière bien-aimée qui te sort du côté obscur de la force. Quand tu m’as dit « je suis infirmier », j’ai sûrement songé que tu m’aiderais à mieux panser mes plaies. Mais on n´était pas là pour se soigner. Finalement, qu´est-ce qui fait durer un couple ? Une rencontre digne d´un film ? une bague au doigt ? un projet d´enfant ? un bien immobile ? « Faits l´un pour l´autre »…qu´est-ce que ça veut dire ?  Est-ce que c´est le regard ému et admiratif des copains ou des albums photos colorés qui nous rassurent ? Le couple c´est comme un feu qu´on entretient. Qui parfois presque s´éteint, un feu de joie comme à la St Jean, quelques braises qui crépitent après un feu de camp. C´est quelque chose qui réchauffe et réconforte mais qui fait aussi peur et peut être dangereux. Tu as emmuré la cheminée et il subsiste juste des cendres encore tièdes. Il aurait suffi de peu pour que les flammes repartent. Mais tu sembles à bout de souffle comme le loup dans Les trois petits cochons. Colère, impuissance, amertume, incompréhension, déception, tristesse me traversent…et puis l´ épuisement. C´est quand tu me quittes que je réalise à quel point on était deux. Et plus même parce que soudain accourent nos proches plein de tristesse et de larmes. On ravale les nôtres et on essuie les leurs. Quand un couple se sépare, ça agit par capillarités, comme l´arbre abattu dont le tronc hurle et les racines gémissent.  Je ne les blâme pas, ils se réjouissaient tellement, probablement rassurés de nous voir nous caser, tranquillisés de nous déposer sur les rails d´une vie rangée. Ils pouvaient enfin se reposer qu´on entre, main dans la main, dans une vie adulte et, sûrement, se décharger un peu de la responsabilité du bonheur de leur enfant. Ce gendre adorable la comblera, cette belle-fille souriante le transportera, ouf ! Je les comprends même si je n´ai pas d´enfant. Ah oui d´ailleurs, on y était presque…mais c´est vrai qu´il faut des futurs parents bouillonnants d´amour pour transformer des Mister Freeze en petits d´hommes. Je suis donc seule à présent. J´ai des frissons mais je dois accepter de laisser s´envoler la couverture. J´ai essayé, rattrapé, recousu, caressé, porté, aimé, écouté, rassuré…il est temps de me bercer. La rupture griffe, tranche, étrangle comme si une partie de moi m´était retirée. Mais je suis toujours vivante. La preuve je hurle, je cours, je danse, je ris aux éclats et j´éclate en sanglots. Le roseau plie mais ne rompt pas, contrairement à toi. Je me réjouis dans la tourmente de m´aimer car après ton départ, c´est bien de pouvoir ramasser calmement les morceaux pour les recoller. Je ne t´en veux (presque) pas. Tu as le mérite d´être honnête. Tu ne choisis pas de te gaver de télé pour ramollir tes idées et accepter une vie qui ne te fait pas vibrer. J´admire les gens qui ont du cran, même si dans ton cas, j´aurais préféré qu´il soit ma sûreté. Je choisis d´accepter, de te laisser aller parce que tu ne m´appartiens pas. Et parce que je décide de ne pas en baver plus que de raison. Je suis même cap´de te remercier pour tout ce que tu m´as fait découvrir et de souhaiter d´être heureux. Une page est en train de se tourner. J´en profite pour faire le point, me faire du bien. Et puis dans l´obscurité, des tas de faisceaux s´allument, des gens bienveillants me prennent la main, je mesure le sens du mot solidarité. Je sais que des tas d´autres sont passés par ces épreuves, j´arrête de me croire damnée. Je ne me sens plus si seule. En parler avec d´autres, ça m´apaise. Tiens, eux aussi ? Alors qu´ils rayonnaient sur leurs photos de lune de miel le mois dernier ? Facebook et Photoshop seraient de mèche ?! Bref, je ne suis pas la première et, avec ou sans toi, j´ai la vie devant moi.

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