Les Liaisons délicieuses

Lettre à ceux qui m’aiment

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Mardi 11 septembre,

Comme je vis loin de vous, quand je rentre « au pays », j’ai envie de tous vous voir. J’établis des plans, je prends des rendez-vous. J’aime imaginer un road-trip fait de pauses et visites chez les miens. Il faut que je reste assez longtemps en France pour satisfaire ma soif de retrouvailles. Des fois, je me demande si ce ne serait pas plus simple de vous avoir tous dans le même village, j’irai simplement de maison en maison, on aurait plus de temps à partager. Mais le fait que vous soyez aux quatre coins de la France me plaît finalement, c’est comme un pèlerinage. Mais cette fois, c’est différent. Je réajuste les projets, je priorise, je décale voire j’annule. Alors que depuis le Grand Nord, je rêve de grandes fêtes, de pique-nique ou de simples discussions, cette fois je m’isole. Je sens un besoin impérieux d’être juste avec moi-même. Une part de moi me susurre : « quand même, plus que x semaines et t’as pas encore vu untel ou unetelle, tu vas pas regretter une fois loin ? ». Peut-être…mais pour le moment je suis sûre que j’ai besoin d’être centrée sur moi-même. Je décide de ne faire que ce dont j’ai envie, pas d’effort, aucune concession. C’est comme ça que je me reconstruis. C’est déroutant pour certains d’entre vous, je le vois bien. Je vous sens inquiets, aux aguets. Je sens la déception, l’étonnement voire l’amertume. Sachez que je vous aime toujours autant. Je sais que vous avez des besoins et envies vous aussi mais à partir de maintenant, je fais des miens la priorité. Je prends le risque de décevoir, d’être jugée voire moins aimée. Parce que à cet instant, je puise la force de la guérison en moi. Je vous remercie mille fois pour vos messages encourageants, vos douces paroles, vos bras réconfortants, votre soutien matériel, vos propositions et vos invitations. Je suis très touchée par votre soutien et attention. Chacun de vous apporte son offrande et veut mon bonheur, c’est extrêmement soulageant. Mais si vous souhaitez mon bien, acceptez que je reste dans mon coin. Tranquillisez-vous, je ne broie pas du noir, au contraire je découvre de nouvelles couleurs. J’apprivoise mes émotions, j’analyse un peu et surtout je grandis. Je ressens ce qui est mieux pour moi. La nature, le calme et le soleil sont mes alliés. Je m’entoure aussi de thérapeutes professionnels et bienveillants. J’écoute les oiseaux, je grignote dans le potager, je me prélasse dans l’oisiveté. Je prends mon temps. Rien qu’à moi. Je mange quand j’ai besoin et pas quand la cloche a sonné. Je dors dès que mon corps me le demande, je rie si le cœur m’en dit. Alors, encore une fois merci d’être à l’écoute, c’est très précieux pour moi. Mais ce n’est pas à vous de me sauver alors acceptez que je décline, que je me ravise, que je sois imprécise. Acceptez-moi exactement comme je suis. Ce qui me ferait le plus grand bien, c’est que vous aussi vous le preniez ce temps pour vous retrouver avec vous-même et vous mettre à aimer cette personne plus que toutes les autres. Ainsi, on pourra ensemble réécrire les règles du jeu et vivre nos vies en s’amusant.

 

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