Dites ouïe !

On the road again 2

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C’est parti pour une traversée d’ouest en est…je m’installe au volant pour de longues heures. Pas envie de blablater cette fois donc je ravale ma conscience écolo et je roule en solo. Aucun passager. C’est bien aussi, je suis complètement libre, seule commandante de ce bateau. Libre de décider où je vais, quand je m’arrêterai. Le trafic est fluide, je contemple le paysage. C’est quand même bien fait, depuis l’autoroute on voit défiler la nature. Je peux admirer les arbres qui commencent à se teinter d’automne. C’est beaucoup plus sympa que si je traversais des barres d’immeubles ou des zones commerciales, franchement bravo M. Vinci ! Parfois, il y a même des moutons et des vaches… Je remarque aussi de magnifiques maisons en pierre, c’est vraiment chouette comme vue. Je me demande si ceux qui y habitent se réjouissent aussi du ballet permanent : « quelle belle clio, tu as vu ? », « oh et ce camion…! ». Non franchement, ce trajet est un régal pour les yeux. Et puis je sens que le niveau s’élève, de plaines et vignes j’arrive vers les collines, volcans et enfin la montagne si majestueuse. J’avais oublié comme ça fait du bien de regarder plus haut. En huit heures de route, j’ai le temps d’observer donc. « Pellouailles les V », « Bécon les Granits »…y a de ces noms ! C’est drôle car les noms des grandes villes sont toujours courts genre « Lyon », « Tours », « Bordeaux »… Comme si les gens des grandes villes étaient tellement pressés qu’ils n’ont pas le temps de dire plus de 2 syllabes ! Je ne peux pas m’empêcher de penser à Marie-Chantal de Tarton qui habite Saint Jean Pied de Port quand elle doit remplir des formulaires administratifs. C’est sûr que Paul Barre à Paris est moins emmerdé ! Ça fait plaisir de découvrir toutes ces communes dont on entend rarement parler, c’est vrai à la radio ils disent jamais « crise du logement à Longué-la-Couaille, les autorités cherchent des solutions… ». C’est vraiment utile de prendre la route pour découvrir ma géographie.  Et ce que j’aime aussi, c’est chanter ! Seule dans cet habitacle, je démêle mes cordes vocales. Enfin, un endroit sur terre où on peut s’égosiller sans que personne vienne juger. Certes, les conducteurs qui me doublent doivent s’étonner mais moi ça me fait marrer ! Quand j’étais petite, on braillait toute la série des Disney en famille, on avait nos playlists sur cassettes ou cds et j’adorais agiter les bras en guettant la réaction des autromobilistes. Aujourd’hui, je me déhanche tant bien que mal sur mon siège, c’est bon pour la circulation et je me casse la voix. Ben oui c’est plus rigolo de chanter fort et faux ! Je m’en donne à cœur joie, je revisite des classiques et me prends pour une diva. Et soudain en pleine envolée lyrique, autoroute info me coupe la chique ! Alors ça c’est fort, je me pensais complètement libre…et non, y a quelqu’un pour tirer un fil et me rabattre la joie. Ou serait-ce une conspiration des routiers déprimés ? Je fuis les infos mais elles me rattrapent. Je sais que c’est pour la bonne cause mais moi ça m’intéresse pas de savoir qu’un sanglier a traversé au kilomètre 46, j’y suis dans 20 minutes donc l’animal sera loin dans ses fourrés quand je passerai, sauf s’il fait une sieste au milieu de la route. « Un véhicule est arrêté sur le bas-côté » ? Ok, je l’aurai remarqué…je conduis les yeux ouverts en général ! Bref, heureusement ça ne dure pas longtemps et je peux reprendre mes gammes. On peut peut-être déconnecter cette option mais moi et les gadgets, ça fait deux. D’ailleurs, j’utilise encore des cds et après des heures de route, y en a partout étalés sur le siège passager. Eh oui au moins les clés usb, ça ne ne se raye pas ! Faut que je les remette dans leurs pochettes, je vais m’arrêter. D’ailleurs, ça c’est appréciable aussi de faire une pause quand je le décide, je me paie même le luxe de choisir mon aire. Je la veux avec un ptit sapin et une table de pique-nique, j’évite le village entier avec forage pétrolier, hypermarché, chaîne de fast-food, machines à cafés saveur menthe ou abricot ! J’opte pour un endroit paisible où refuser de penser au lendemain. Je m’engage vers l’aire de la Bouble, le nom m’inspire ! Je suis heureuse de découvrir un sous-bois parsemé de tables, quel bonheur de se dégourdir les jambes ailleurs que sur du bitume et de respirer l’humus plutôt que l’autobus. Quand j’aurai une grande famille, on reviendra, on sortira le taboulé de la glacière et on fera une pause salutaire ! Maintenant, je suis seule et c’est bien aussi, je fais quelques foulées en croquant une pomme, quelques étirements puis je reprends le volant car l’aventure continue, « on the road again » !

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