Ondes sensibles

I like to move it, move it

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A lire
C’est le moment de bouger. C’est drôle comme « je déménage » tient en peu de mot. Faut voir tout ce qui se cache derrière : débrancher, emballer, scotcher, porter, déballer, peser, attacher, porter, envoyer, payer, vendre, donner, jeter. C’est souvent considéré comme une corvée mais c’est aussi l’occasion de faire du tri. Je m’en tire pour 120 kg, on peut estimer que c’est une broutille mais moi j’ai plutôt l’impression d’avoir des brouettées. Direction l’aéroport, je connais bien ! J’ai du faire une bonne quinzaine de vols en 5 ans, j’en suis pas très fière. Promis, Pierre Rabhi, je vais me racheter ! Je laisse échapper des larmes comme quand on lâche du lest pour que la montgolfière prenne de la hauteur. Un dernier coup d’œil à cette terre finlandaise que je quitte. J’essaie de dormir mais ma voisine à gauche me glisse sur l’épaule. J’accepte son laisser aller, elle dort profondément elle au moins. Par contre, je sens des coups réguliers
dans mon dos, j’imagine la cousine d’Adriana Karembeu qui ne sait pas quoi faire de ses jambes ou une femme enceinte de huit mois de triplés…à vocation précoce de footballeurs. Et puis, il y a régulièrement une annonce criante qui nous indique ce qu’on survole c’est sympa mais au dessus des nuages ça nous fait une belle jambe ! Ou encore, il y a le service à bord comme ils disent avec la délicieuse tablette de chocolat au modique prix de 10€. Même en Finlande c’est 3 fois moins cher ! Et puis il y a toujours des produits étonnants genre la dernière eau de toilette Versace. Qui achète du parfum dans un avion sérieux ?! J’imagine les passagers vaporiser à tour de rôle comme chez Sephora. Sûr que ca créerait un crash olfactif. Au moins, ça compenserait les odeurs de pieds, de transpiration et de pet ! Et puis franchement je me demande qui choisit de voler en low cost, où on n’a même pas droit à un verre d’eau, et achèterait du parfum de luxe ! Bref, je peux définitivement pas dormir mais heureusement ils nous passent des vidéos plutôt sympas, des courts métrages rigolos, les classiques Tom et Jerry et même des tutos où un genre de monsieur propre nous explique comment fabriquer un crocodile avec une vieille boîte à pizzas…la brillante idée pour compenser notre taxe carbone tiens ! De la récup… C’est vraiment classe. Et puis j’ai droit à un magnifique coucher de soleil, j’ai bien fait de batailler pour le hublot. Atterrissage puis 4h d’attente à Helsinki. Les aéroports c’est vraiment des lieux curieux, genre l’univers à échelle réduite. On y parle toutes les langues, des gens en doudounes côtoient d’autres en shorts et tongs. Certains boivent des pintes pendant que d’autres errent à moitié endormis. Un temple de la consommation où tout le monde se plaint des prix exorbitants mais achète néanmoins ! Moult émotions se fondent : l’excitation du voyage, la tristesse d’une séparation, l’impatience de retrouvailles. Moi je les ressens toutes à la fois, j’ai l’impression d’avoir traversé tous les fuseaux horaires ces dernières semaines. J’arpente les couloirs pour détendre mes jambes et je glisse tel un fantôme parmi les voyageurs. Vient l’heure de se diriger vers le comptoir pour Paris : je sens la joie des jeunes couples impatients de gravir les marches de Montmartre et de faire l’amour à l’Auberge des Deux Magots. Il y a aussi les familles nombreuses euphoriques qui seront à Disneyland demain. Je me sens blasée voire agacée. Moi j’y ferai que passer, comme des centaines d’autres fois. Je suis peut être jalouse de leur réjouissance car je n’ai plus d’énergie pour m’émerveiller. Trois heures plus tard, je récupère mes bagages, à contre cœur faut l’avouer, j’aurais presque préféré qu’ils les perdent, mes cernes pèsent assez lourd déjà ! Je franchis la ligne d’arrivée et je les envie tous ceux qui ont un comité d’accueil joyeux, ceux qui se font embrasser, j’aurais même dit oui à un collier de fleurs, une horde de copains/parents qui se précipiterait pour m’empêcher de m’écrouler. Mais non personne pour moi, ceci dit, j’ai encore laisser entendre que je me débrouillerai, donc à quoi je m’attendais ? De toutes façons, j’aurai pas eu de force pour répondre aux attentes de chacun donc c’est mieux d’être seule. Allez encore quelques efforts, bientôt je pourrai dormir tout mon soûl, me réparer en rêvant, puis me réveiller toute puissante pour commencer ma nouvelle vie. Allez, allez, allez !

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