Dites ouïe !

Embrase-moi

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A écouter

 

A lire

En ces temps de révolte, moi aussi je serre les poings. A la proue de mon drakkar, flotte un étendard : Qui m’aime me suive. Du style, moi je trace ma route la tête haute et le vent en poupe et ceux qui seront motivés embarqueront mais je ne ralentirai pas la cadence pour autant. Et j’ai crié, crié « Liberté ». Ces derniers mois, j’étais fière, gonflée de certitudes et je peux comprendre que ça en gonfle certains. Parce qu’en vrai, je ne suis pas si sûre de mes désirs, si affirmée dans mes choix. Je suis bourrée de paradoxes. Je me la joue femme indépendante-toute puissante-autonome-et-ambitieuse. Je plains les dépendant.e.s affectif.v.e.s : « Moi, je peux carrément vivre toute seule, je n’ai pas peur du célibat. ». Après le potager, je m’attaque à ma vie sentimentale sur le chemin vers l’auto-suffisance. Franchement, il manquait plus que l’abeille-suceuse, ce sex toy révolutionnaire pour achever de me conforter dans l’idée qu’être en couple, c’est complètement has been. J’y croyais dur comme fer. Je me pensais supérieure, de la caste des inébranlables. Mais en vrai, moi aussi j’ai un incommensurable besoin d’amour ! Moi aussi, je veux être câlinée, par des bras puissants, explorée par des mains baladeuses. Je veux qu’on me dédicace des chansons d’amour sur radio Nostalgie, qu’on glisse un mot sous mon oreiller. Même si ça fait cliché, je cracherai pas sur un bouquet. Même si je peux payer, j’accepterai un dîner. Oui, je prône la détox digitale, mais lire un sms mignon et coquin de temps en temps, ça fait du bien. J’arrête de critiquer les « doudous, choubidous, chérinoux », je les comprends ceux qui injectent de la guimauve dans leur vie. Moi aussi, j’ai parfois besoin de sucré. Pas facile de me cerner, je suis bien d’accord. « Elle sait pas ce qu’elle veut » et bien oui. Ou plutôt : « je veux tout » ! Les repas en tête-à-tête, les deux côtés de mon lit, serrer ta main devant la mer, danser au milieu de célibataires, une nuit de sexe débridé, une grasse mat’ seule avec mon chat, de la complicité et de la séduction, être surprise et le train-train quotidien. Je veux que tu commentes ma jupe et que tu m’acceptes en jogging. Un jour, je me love en romantique cherchant un regard doux et compatissant. Le lendemain, je fuis comme une sauvageonne, je me terre, je rends mon tablier en bonne féministe. Je me sens de mieux en mieux dans ce corps mais parfois je doute comme Brigitte : «  et mes chevilles, tu les aimes ? Tu les trouves jolies mes fesses ? Ma bouche, mes yeux, mon nez, mes oreilles ? ». Ces moments où il y a tamponné « fragile » sur ma peau.  Oui, je suis pleine de facettes, cinquante nuances d’ Odré. C’est déroutant ? Tu t’y perds ? Moi aussi parfois mais c’est comme ça que je suis MOI. Douce et féroce, égoïste et généreuse, fuyante et amoureuse. J’ai plus peur de le dire, j’ose lever les voiles. Bienvenu.e dans mon navire, ça chahute, ça éclabousse et puis il y a des accalmies, des bains de soleil sur le pont, des couchers de soleil époustouflants, des traversées palpitantes, on n’est jamais à l’abri d’une tempête.

Quand je suis née, à la radio on entendait : « Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile ! »… lui, il avait déjà tout compris.

2 réflexions au sujet de “Embrase-moi”

  1. Je me plonge dans tes mots et c’est un miroir, merci Odré la mosaïque, c’est beau, c’est chaud, c’est vrai. « Je ne sais pas qui je suis et si je le savais, serais-je vraiment celle-là? » La langue d’Anna, Bernard Noël.

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