A méditer !

Should I stay or should I go ?

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A écouter

 

A lire

Je me la coule douce entourée de gens qui plantent des topinambours et utilisent leurs sacs en tissus pour acheter des pois chiches en vrac. Tout le monde sourit, prend son temps. Je songe à vivre en yourte et mange du fromage blanc de brebis. Je dors la tête au nord pour avoir des nuits paisibles. Je croise beaucoup de gens comme moi. On fait partie de ceux qui savent que le Feng Shui n’est pas le menu n° 11 du Japonais d’en bas et que le chia est une plante mexicaine. On prône l’éducation positive. On se dit merci en se regardant dans les yeux voire en posant une main sur l’épaule de l’autre. On milite gaiement pour les coquelicots, on circule à vélo. La plupart du temps, je me dis qu’on s’entend tous dans le meilleur des mondes. Je nous admire. D’autres jours, j’ouvre mes volets et je tombe sur les poubelles des voisins qui débordent. Je cligne des yeux plusieurs fois quand je vois quelqu’un jeter son gobelet par la fenêtre de sa voiture. Il y a des jours où ma vue s’élargit. Je sursaute quand j’entends des passants s‘insulter. Je descends de mon nuage, ou plutôt de mon arbre, et je prends conscience que le monde est complexe. Des fois, c’est trop pour moi, je me sens agressée, je ne trouve pas le sommeil, je veux du calme. Alors, je me dis que je vais partir vivre dans un coin isolé, entendre seulement les oiseaux piailler, cultiver des légumes et ne faire mes achats qu’au marché du coin, côtoyer mes amis bienveillants et fonder une famille zéro déchet. Il y a des jours où j’envisage sérieusement de fuir le bruit des camions-poubelles à 5h du mat’, éviter les regards agressifs, fermer les yeux sur les mégots qui traînent, éteindre les néons…m’évader. Est-ce que la fuite est une solution ? Est-ce que c’est vraiment vivable de créer une société de Bisounours ? J’aurai peut-être l’impression de mettre des œillères. Est-ce qu’on pourrait vivre tous ensemble même si on se sent si différents les uns des autres ? Tout ça, c’est la faute des étiquettes. Celles qu’on colle rapidement et qui restent bien en place. Beaufs, intellos, bobos, racailles, péquenots, cathos, no life, babas cool, ringards, bourgeois, prolos… On critique les sectes mystiques, il y en a bien plus, banalisées et tout aussi néfastes. On s’indigne des castes en Inde, je crois qu’on crée aussi les nôtres. Une fois qu’on est catégorisé, difficile de sortir de la norme. Il me semble que tout est une question de point de vue, peut-être que pour un habitant de la cité des mimosas je suis une intello et que pour un énarque habitant le 16ème, je suis une beauf. Et voilà, je replonge dans les préjugés. J’aime à penser que chaque être humain est plus complexe qu’un qualificatif. Et surtout que les étiquettes peuvent être coupées. J’ai été fille modèle, première de la classe, et aujourd’hui j’accepte de faire des fautes d’orthographe. Un jour, je regarde Fassbinder, un autre je surfe sur Facebook. Ça fait longtemps que je juge, je l’avoue et maintenant j’aspire à accepter la diversité. La voisine qui écoute la musique très fort a sûrement besoin de ça pour se sentir épanouie. Ce sentiment de colère qui bouillonne en moi, c’est sûrement parce que je l’envie d’agir en total accord avec ses envies. Parce que « ça se fait pas » et aussi parce que « si tout le monde faisait ça, on s’en sortirait pas ». C’est vrai quoi : « Il y a des règles à respecter pour vivre en société ». Comment laisser chacun s’exprimer ? Quelles sont les limites ?  On nous dit que « la liberté s’arrête là où commence celle des autres ». C’est plutôt vague et subjectif. Chacun voit midi à sa porte. Je n’ai pas la même conception du libre arbitre que ma voisine. On a chacune notre passé, des expériences diverses de la vie.  Alors il faut communiquer. J’essaie de ne plus être dans la réaction, quand quelque chose me dérange je ne monte plus au quart de tour, je marque une pause et j’observe ce que ça me fait. Est-ce que c’est si grave que ça ? Comment vivre avec les désagréments en restant zen ? J’aime vivre en ville pour pouvoir aller au cinéma à pieds, prendre un café en terrasse, partir en train bosser, alors j’accepte la circulation. J’aime les poutres apparentes et le parquet des vieux appartements et donc l’isolation n’est pas terrible. Je prends des douches froides et je dors avec des bouchons d’oreille. Même si j’aimerais « le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière », je fais des compromis. Peut-être que si on autorise tous les gens à écouter leur musique préférée très fort ou à faire des claquettes à un moment donné, ça s’harmoniserait. Un genre de tour de services, le lundi pour les Dupont, mardi pour Dylan, mercredi pour Héloïse… Et puis, on le sait bien, quand c’est interdit, certains ont envie d’enfreindre les lois. Pour le ramassage des déchets, on pourrait participer plus activement, par exemple chacun donnerait 2h par mois pour tester le métier d’éboueur ou stagiaire dans un centre de recyclage. Je sais que c’est mal de jeter son papier par terre, déjà parce qu’on me l’a dit quand j’étais petite, et puis parce que j’aime profondément la nature. Si mes voisins comprennent le lien entre trier et pouvoir lézarder sur une plage, ils feraient sûrement plus attention. Tout est question de pédagogie. Je sens que de la révolte naît l’envie de sensibiliser. Bon ok, je reste. Même si je me sens Complètement HS, j’accepte les bémols pour composer.

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