Dites ouïe !

Passe-moi les sardines

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Rien de tel qu’un séjour au camping pour déconnecter. Ici ça respire la joie de vivre et la nonchalance. Y a même des mecs qui sifflotent en faisant la vaisselle, je suis sûre que c’est pas la même dans leur pavillon de Douai. Chacun fait son trou, installe son campement pour se recréer un cocon pour quelques jours ou plusieurs semaines. Certains restent même des mois, ils ont des jardinières et une antenne télé. Ici chacun met ses lubies vestimentaires de côté, on se promène en pyjama, shorts et tongs règnent. Les coincés du caca se dévergondent et se promènent le rouleau de papier toilette à la main. On vit au rythme des roucoulements des tourterelles, des va-et-vient des vagues, des ronflements du voisin. Eh oui, parce que le camping c’est aussi la promiscuité mais curieusement, les gens se supportent plus que dans leur HLM. Est ce que c’est d’être au contact de la nature qui les apaise ? Vue du ciel on doit ressembler au fameux village des irréductibles gaulois, y a même le barde qui fait des prouesses à la soirée années 80. En général, les gens sont détendus, jouent à toutes sortes de jeux extérieurs, boivent l’apéro pendant des heures affalés sur leur salon de jardin en plastique pendant que les mômes jouissent d’une liberté sans entraves. Cabanes pour les uns, canons pour les autres. On reste sur la plage alors que le soleil est bien bas, certains s’attardent dans les rouleaux comme si tout ça aura disparu demain. Le temps est un peu arrêté au camping. On enlève nos montres, le réseau est mauvais et donc on regarde plus à l’horizon. Ici pas d’écran à part le total qu’on s’étale malgré les nuages bretons. D’ailleurs, il faut s’occuper pour les jours de pluie car par contre,  le camping mouillé, c’est moins marrant. Les possibilités sont restreintes : un tour à Décath ou à l’aquarium du coin et pour les plus téméraires, ceux qui disent « en Bretagne, il pleut que sur les cons », il y a pêche aux coques avec bottes et ciré, d’autres optent pour un Monopoly dans la caravane. Les plus précaires en tente prennent leur mal en patience, supportent vêtements trempés et duvets frais et partent pédaler dans la bruine en positivant : « en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour ». Et lui, il se tient toujours là, fier, malgré les milliers de pieds qui l’arpentent, le cap Fréhel résiste. La roche rose contraste avec le turquoise de la mer et les falaises de granit se dressent imperturbables. Les décorateurs de Games of Thrones jubileraient. Et ce phare si fidèle et bienveillant avec son faisceau qui guide des tas d’âmes à la dérive. Pendant les vacances au camping, les écorchés reprennent leur souffle, trouvent du réconfort dans une crêpe caramel au beurre salé, vivent au rythme du soleil, et prennent le temps de contempler les étoiles. Ouf…

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