Dites ouïe !

Allô mamie ?

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Cocon finement – épisode 3

A écouter

 

A lire

Je pense à toi en ce moment. Ça doit pas être facile à vivre de rester enfermée et surtout coupée de nous. Qu’est-ce que ça te fait d’envisager de fêter tes 87 ans dans cette ambiance ? Je ne te connais pas si bien et pourtant je vois que tu as consacré ta vie aux autres : 1 mari, 4 enfants, 11 petits-enfants, bientôt 7 arrière-petits enfants. Je suis impressionnée par l’ampleur de ton arbre, par tous ces fruits issus de toi. Je me sens tellement enfant moi qui ne gère que moi, moi dont les racines se déploient plutôt en horizontal jusqu’à présent. J’admire ton dévouement, comment peut-on être si tournée vers l’extérieur. Il m’angoisse aussi : comment être soi quand seuls les autres sont rois ? Aujourd’hui, je pense à toi qui connais ce schéma depuis des décennies. Tu as probablement tu tes douleurs, tes frustrations (« tu sais bien mamie, elle ne se plaint jamais »). Depuis peu, ton petit cœur te fait signe : c’est le moment de s’accorder, de te recentrer.

Oui tu es sacrément vaillante pour ton âge. Je suis épatée par la lueur au fond de tes yeux et cette voix de jeune fille au bout du fil.  Je vois en toi une grande dame alors que tu ne dépasse pas 1m60. Il y a beaucoup de force dans ton corps frêle et de surprises dans tes rides rieuses. Ce serait plutôt à toi de me donner des leçons et pourtant, j’aimerais t’enseigner la relaxation, te partager l’amour des mots, te parler de sensualité. Comment c’était pour toi avec les hommes ? Moi je suis confinée avec mon amoureux et j’en suis ravie. Je le connais depuis peu et cette situation nous offre une belle occasion de nous apprendre.

Est-ce que tu penses à papi en ce moment ? Il est probablement attablé dans un restaurant gastronomique et entouré de serveurs ailés ! Je repense à ce rock que tu dansais il y a 4 ans, aux concerts que tu adorais. J’imagine que cela doit être difficile quand le corps impose le repos. J’aime à penser qu’à ton âge, je me consolerai en observant la jeunesse qui prend le relais. Il est temps de te reposer, Allez à « trois », tu souffles… Tu ne sais pas vraiment comment on fait ? Oui c’est vrai, c’est peut-être plus facile pour moi : l’hyperactivité je l’ai pratiquée moins longtemps du haut de mes 34 ans, me déshabituer est aisé. Et puis, il n’y a encore personne au pied de mon arbre qui me réclame. Ceci dit, j’ai l’impression que chaque être issu de toi sur cette terre s’en sort plutôt bien. Nous autres sommes reconnaissants et nous serions honorés que tu prennes soin de toi. On ne le prendra pas pour une démission, au contraire on a tous à apprendre de toi, montre-nous la voie de la sagesse. Je suis sûre que même loin, même discrets, tes enfants t’aiment. Alors, profite de ces moments pour te remémorer et te féliciter de cet amour que tu as toujours donné.

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