Ondes sensibles

A mon grand-père

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Cocon finement – épisode 19

A écouter

 

A lire

Comment ça va là bas ? On s’occupe bien de toi ? Ils vont bien Mes petits vieux ? Je sais bien que tu voudrais que je vienne. Tu sais aussi que c’est interdit. On a ça en commun de vouloir braver les lois. Pour cette fois, je serai sage. Même si je pèse l’importance de te visiter, de grignoter quelques biscuits dans ta chambre vue sur le parc, il me semble que c’est juste de reporter. T’as entendu à la télé, ils ont dit « en mai, fais ce qu’il te plaît »…enfin, ils ont envisagé de nous délivrer. Ça va venir vite, tu verras. Bientôt, on marchera bras dessus bras dessous dans les allées du bois de Quat’sous .

Je sais bien que ta maison te manque, tu pourrais y être affairé au potager plutôt que côtoyer ces « dégénérés » comme tu les appelles. Je suis sûre qu’il y en a des sympas. Est-ce que tu joues toujours aux cartes avec Yvonne et Roger ? Oui ça te fatigue, je sais. Tu te souviens quand on était allés à Paris tous les deux ? On avait grimpé sur l’Arc de triomphe pour admirer la tour Eiffel et j’avais été étonnée qu’elle n’ait pas de pieds, c’est qu’ils étaient cachés dans la brume matinale. Tu avais tellement ri et c’est devenu une anecdote, rien qu’à nous. On avait visité le musée Grévin et j’avais adoré rencontrer toutes ces célébrités, comme si on était à un bal mondain. Malgré leur teint cireux, je les avais trouvées en forme. Toi aussi, tu étais en super forme ! On avait dévoré nos sandwichs sur un banc près de jets d’eau. Toi, encore un jeune homme et moi haute comme trois pommes.

Et cette fois aussi, où maman m’avait inscrite à un concours de dessin. Je croquais, attablée dans ton jardin, en désespérant de remporter le premier prix. Tu es venu me proposer ton aide et j’étais fascinée par ton coup de crayon. Tu m’as expliqué que tu avais été peintre décorateur et je t’imaginais tracer de belles arabesques sur des vitrines animées. J’avais eu le troisième prix et c’était mérité parce que j’avais triché en faisant appel à tes talents. Et si tu proposais une fresque à la maison de retraite ? Je me souviens que tu as dirigé des équipes aussi, tu devrais être à l’aise dans le rôle de chef d’orchestre !

Je te connais tellement plein de malice, j’ai du mal à croire que tu t’ennuies. Souviens toi des canulars téléphoniques, des détournements d’objets du quotidien, des jeux de mots impromptus. Quand j’étais animatrice de colo, on se faisait plein de blagues dans l’équipe : des lits en portefeuille, des lacets dérobés, des petits cadeaux dissimulés. J’imagine que tu as connu ce genre de pratiques à l’armée. Je me dis qu’avec un peu de créativité, la vie dans un népade peut être pimentée ! Allez papi, t’as bien quelques idées ? Oui, c’est promis, je reviens te voir bientôt, et en attendant, je compte sur toi pour initier un…

Établissement à

Haut

Potentiel

Artistique

Démentiel

 

Je t’aime fort mon grand-père adoré.

Audrey

 

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