Dites ouïe !

Un jour, mon prince viendra

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« Oups I did it again ! » s’écrit l’amoureuse désespérée qui s’est encore sauvée. Est-ce que j’avais vraiment tout donné ? Suis-je trop exigeante ? J’apprends à accepter ce que je reçois, vraiment, j’y mets du mien. Et pourtant, il y a des moments où ça coince, je bute contre le mur. Je repars en arrière, je fais des ronds dans l’eau, des va-et-vient, je mets le problème sous cloche pour mieux l’observer. Je ne fais pas que tergiverser : je respire un bon coup, je demande conseil, je milite, je crée, je rêve, je me sens apaisée et prête à réessayer…alors j’y retourne, hardi !

Comme j’ai pris de la distance, je redouble d’énergie, je sors les cotillons, je monte le son, j’offre mes meilleures MOIs : moi câline, moi à l’écoute, moi coquine, moi bricoleuse, moi blagueuse, moi taquine, moi féline, moi discrète, moi super méga chouette ! Et puis au bout d’un moment, je réalise que je suis toute seule sous la boule à facettes, même le dance floor s’endort. Alors quoi, c’était trop ? T’aime plus les paillettes ? Je me demande si j’ai abusé sur la déco. Penaude, je ramasse les confettis, j’enlève ma couronne et mes souliers de vair et je vais me coucher parce que tout d’un coup, je me sens crevée. C’est plus pareil quand on est une à s’agiter.

Je reprends des forces et, timidement, je refais surface : t’es encore là ? Oui je conçois que j’y suis peut-être allée fort. Tu sais, je peux aussi être mesurée, allez viens on va se balader. T’as du boulot ? Oui, c’est vrai c’est pas les vacances tous les jours. Bon, je monte, moi aussi j’ai du boulot après tout. Eh oui Audrey, c’est pas tous les jours la récré ! Laisse-le respirer. Je confonds peut-être compagne et animatrice bafa ou clown. Pourtant des fois, ça marche…

Qu’est-ce qui cloche ? Peut-être que j’ai l’impression de revivre une scène d’enfance : oui bravo Audrey c’est bien ! Bon et donc je te disais que mon chef n’a pas voulu m’augmenter… Ce sentiment de ne pas être à ma place, d’être apprécié avec parcimonie : « Audrey, elle est géniale mais à petite dose » ! Tout ça c’est des suppositions parce que je sens bien que les gens font de leur mieux pour m’aimer et que le monde ne tourne pas autour de moi comme avait dit mon ex mari. Ben en fait, si on y pense bien, si. Comme je suis mon centre, tout le reste tourne autour de moi. Je ne vois pas comment me désaxer. Je suis là dans ce corps et cet esprit et, à ma connaissance, personne n’a jamais réussi à sortir de lui genre « bon, je vais faire un tour chez le voisin pour changer de point de vue ». Quoi que je fasse, je vois tout de ma fenêtre. Oui bon, j’ai compris…

Tu viens, on ferait comme si on était des adultes : on habite dans une maison et on a des enfants, on part camper tous ensemble… T’as pas envie de jouer ? Ah oui, ça arrive… Est-ce que je demande trop ? Je reconnais que quand j’avais 19 ans et je proposais ça, c’était flippant. Peut-être que c’est le fait de demander alors. Que ça se fait pas… Pourtant j’ai bien tenté, si je demande pas, il y a beaucoup moins de chances que ça se passe même si je suis assidue aux cours de télépathie. Je comprends : t’as pas envie, t’as pas envie. Enfin si, t’as envie mais pour du beurre. Si j’ai bien saisi, on peut jouer à papa et maman de temps en temps mais c’est pour de la fausse, comme une répétition sans représentation. Oui, c’est une option. J’en connais qui sont satisfaits avec ça c’est vrai. Je sens bien que tu y mets du tien et j’hésite parce que c’est mieux que rien. Je crois que j’ai envie de jouer à la vraie vie. Celle où on crie, on rit, on se fait des bobos qui saignent, on pleure et on s’embrasse avec la langue. Après mûre réflexion plus quelques heures de méditation, je décide de m’en aller. Oui, j’ai pesé le pour et le contre, t’inquiète pas j’ai l’habitude, je suis née sous le signe de la Balance. Je quitte le navire ? Mince, tu me mets le doute là. J’arrive plus à savoir ce que je veux. Je fais la fière et à l’intérieur de moi, c’est comme si on avait shooté dans mon joli château de sable. En vrai, c’est moi qui le détruit toute seule.

Pourquoi j’arrive pas à me satisfaire de ce que j’ai ? Qu’est-ce qu’on s’est bien amusés. Tous ces moments bénis, je les mets en pots et je me les tartinerai de temps en temps parce que la nostalgie c’est sacrément bon. Palpiter en chœur devant la trilogie du Seigneur des Anneaux (là, j’ai fait des compromis pour supporter les orques, nous déhancher sur Groundation, engloutir des biscuits, aspirer des huîtres, pinailler sur des détails, et puis et puis… On a vécu un confinement, c’est pas rien, sûr que je le raconterai à mes petits-enfants, je me vois déjà dans mon transat, pieds nus dans l’herbe et eux éparpillés à mes côtés : « Figurez-vous qu’au printemps 2020… ». C’est pas un secret, j’y ai songé qu’on ait NOS petits-enfants. J’avoue, j’ai fantasmé des fruits issus de nos branches. On dit que je m’enflamme vite. C’est pas faux. C’est qu’au creux de moi, il y a cette vie qui bouillonne, ce chaudron magique plein à ras bord de bisous, de câlins, de caresses. Je m’en fais des fois pour pas que ça déborde et là, je sens que c’est le moment d’en distribuer. Non, je ne t’ai pas choisi au hasard pour assouvir cette soif. On t’a mis sur ma route, je t’ai observé, reniflé puis, très vite je le concède, je t’ai aimé.

Ma vie est un conte de fées : je suis entourée d’êtres formidables, je fais des rencontres éclairantes, j’apprends des choses épatantes, je savoure chaque instant, je me sens en bonne santé. Et c’est pas pour ça que je vais m’arrêter là, tous ces ptits bonheurs j’ai envie de les partager. Comme dit si bien Grand Corps Malade « la vie c’est gratuit et je vais me resservir ». Pour me consoler de chagrins d’amour ou autres croche-pieds, j’avais pour habitude de me dire : « la vie c’est pas comme dans les films ». Et aujourd’hui, je reviens sur mes paroles : je décide que ma vie est un roman, un feel good movie, une bonne série. Comment tous ces artistes ont eu les idées pour les mettre dans leurs œuvres ? Parce qu’ils se sont inspirés de la réalité. Plus je crée, plus je comprends que ce n’est que de l’inspiration et non de la création, mon imagination est nourrie par ce que j’observe dans la nature et chez mes pairs et ce que des muses subtiles veulent bien me transmettre. J’invente rien, je copie.

Alors oui moi aussi je vivrai cette scène comme Amélie : les mains dans la pâte à crêpes, je sens un léger souffle sur ma nuque, je me retourne et il est là, pour moi. Ou encore comme pour Sandy, il me chante : « You’re the one I want ». Bientôt, oui, il viendra et me dira : « Moi Tarzan, toi Jane » ! Honnêtement, ça te fait pas rêver qu’elle dise : « mon mec à moi » ? Je le sens : quelque part, il y a un Léonard Cohen qui se prépare à me rencontrer. Tu n’as pas besoin d’être poète, l’envie de moi à côté de toi sera un bon départ et puis, si, j’ai une requête, un détail…que tu te pointes avec ton enfant intérieur. Que tu sois réconcilié avec cette part spontanée, audacieuse et malicieuse, j’aimerais rencontrer le petit garçon qui ose. En échange, je te promets d’être une princesse cool, de m’intéresser à qui tu es, de donner le meilleur de moi-même et aussi de te montrer qui je suis vraiment, de t’écouter sans t’interrompre, de militer pour mes rêves tout en envisageant les compromis, d’éloigner mon individualisme pour la collectivité et de grandir sans t’agripper. Je te promets des nuits à la belle étoile, des brownies orgasmiques, des massages de pieds, des galipettes, de longs silences. Je m’engage à respecter ton territoire d’homme, à déceler quand ce n’est pas le moment de te tirer les vers du nez, à te demander ce que toi tu aimerais. Je suis prête à te vendre du rêve baby et à le concrétiser.

Oui enfin, c’est ce que je me dis, que je suis prête ! C’est possible que j’ai besoin de réviser encore… Sûr que le célibat a du bon. Moi qui clame que je suis in dé pen dan te, c’est l’heure de vérité. Cap’ ou pas cap’ de vivre seule ? Ce serait bien que j’arrive véritablement à exister en tant qu’Audrey sans avoir à être la compagne de ou la mère de. C’est le moment de m’engager avec moi-même plutôt que d’aller réclamer aux autres. « Eh petite fille : tu as tout en toi pour affronter les dragons et te libérer de ton donjon ! Même si tu préfères que ce soit un garçon qui le fasse pour toi, essaie pour voir ! T’inquiète, Léonard attendra… ».

Merci de m’avoir lue, à bientôt !

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