Les Liaisons délicieuses

Lettre à mon ex

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C´est fou comme ce petit mot peut avoir comme pouvoir. Tout le monde le comprend, c´est le même dans plusieurs langues étrangères, tout le monde en a ou en est un. Il commence tout en douceur mais finit brutalement avec cette croix fatidique. En latin, ça veut dire « hors de » et, même si on n´a pas pris l´option au collège, on sait tous que ça exprime un changement. Certains le crachent comme un venin, d´autres le murmurent avec les yeux brillants. Il veut dire tellement de choses à la fois alors je devrais plutôt écrire : Lettre à celui qui a partagé un morceau de ma vie avec amour.

Dimanche 21 octobre,

Je n´aurais pas pu imaginer meilleure séparation. On arrive à se parler calmement, à se serrer dans les bras…comme avant. Non, pas comme avant justement. Quelque chose s´est passé. Cassé ? Non, quelque chose a changé. Au début, c´est un coup de foudre puis à la fin ça nous fout un coup. Tu me parles de culpabilité et de regrets, c´est toi qui a pris l´initiative donc tu t´accuses mais ne t´afflige pas plus. C´est trop facile de blâmer celui qui a décidé de quitter. On est toujours deux dans cette épreuve. Il est temps d´accepter. Même ce qui nous parait insurmontable finit par s´apaiser. Les blessures nous permettent de nous arrêter pour mieux ressentir et repartir avec un regard neuf. Merci pour tout ce que tu m´as apporté, appris, partagé. Merci de m´avoir prêté ton nom qui est si joli avec ses trémas dansants. Je récupère celui de ma naissance, il n´est pas mal non plus : « aller de l´avant en beauté ». Je suis fière de nous car on est capable de clore le chapitre de notre histoire passionnément, comme notre rencontre. On prend le temps de se séparer, de se raconter tout ce qu´on n´a pas osé toutes ces dernières années, de profiter ensemble de ces derniers moments. Un beau bouquet final où l´amour domine. Il était hésitant et brûlant il y a cinq ans, il est tendre et respectueux aujourd´hui. Je sens qu´on a gravi une montagne main dans la main, c´était excitant, souvent fatiguant, on a vu de magnifiques paysages, partagé des nuits blanches, des montées d´adrénaline, des gros moments de découragement et beaucoup d´émerveillement. Puis, on est arrivés à un sommet qu´on avait fantasmé chacun de notre côté, il est tel qu´il est. Maintenant, de multiples horizons s´offrent à nous, chacun prend une direction avec beaucoup d´appréhension mais grandi de cette relation. On se dit au revoir sur le toit de notre monde. Merci pour tout ton amour et toutes ces aventures. Je te souhaite d´être profondément heureux.

 

Les Liaisons délicieuses

Chers propriétaires de résidence secondaire en bord de mer

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Dimanche 23 septembre

Aujourd’hui encore, j’arpente un joli sentier côtier, la mer est magnifique mais il est aussi fort agréable d’admirer vos maisons qui le borde. Quelles bâtisses remarquables et ces jardins si bien entretenus. J’imagine comme il est délectable d’y séjourner sur un transat, de se laisser bercer par les vagues et caresser par les embruns ! Toutes ces fenêtres qui laissent présager une grande tribu s’agitant derrière les murs. Un détail cependant me surprend : les volets sont fermés. Alors que l’été indien réchauffe la côte, vous avez déjà déserté. Quel dommage ! Comme c’est triste une maison vidée. N’êtes-vous pas d’accord qu’elle doit être remplie de vie ? Des marmonnements au petit-déjeuner, des éclats de rires l’après-midi quand on descend à la plage, des pleurs d’enfant à la tombée de la nuit, des gémissements à l’aube… Mais là, j’imagine, que c’est bien calme et froid. Peut-être vos meubles sont-ils recouverts de draps, les placards nettoyés, le salon de jardin plié. Plus personne pour offrir son reflet aux nombreux miroirs, plus de jouets à ramasser. Je trouve ça un peu triste alors j’ai quelque chose à vous proposer : je pourrais les habiter moi vos maisons ! Faire entrer l’air et la lumière, y chanter et même danser. Je me porte volontaire pour y maintenir la vie les 10 mois de l’année où vous en êtes éloignés. J’en connais d’autres d’ailleurs qui seraient motivés, on pourrait faire un roulement, dans le respect de votre intérieur évidemment.  Je réchaufferais les murs, chasserais les hordes d’araignées et taillerais les haies. Moi, même un 21 novembre où on ne distinguerait plus la mer tant le ciel est chargé, je voudrais bien y habiter ! Comme ça, quand vous reviendrez dans vos quartiers, tout sera prêt. Ce sera une maison qui a vécu, entendu, abrité, que vous retrouverez. Tout le monde y gagnerait. Alors, on fait affaire ?

Les Liaisons délicieuses

Lettre à ceux qui m’aiment

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Mardi 11 septembre,

Comme je vis loin de vous, quand je rentre « au pays », j’ai envie de tous vous voir. J’établis des plans, je prends des rendez-vous. J’aime imaginer un road-trip fait de pauses et visites chez les miens. Il faut que je reste assez longtemps en France pour satisfaire ma soif de retrouvailles. Des fois, je me demande si ce ne serait pas plus simple de vous avoir tous dans le même village, j’irai simplement de maison en maison, on aurait plus de temps à partager. Mais le fait que vous soyez aux quatre coins de la France me plaît finalement, c’est comme un pèlerinage. Mais cette fois, c’est différent. Je réajuste les projets, je priorise, je décale voire j’annule. Alors que depuis le Grand Nord, je rêve de grandes fêtes, de pique-nique ou de simples discussions, cette fois je m’isole. Je sens un besoin impérieux d’être juste avec moi-même. Une part de moi me susurre : « quand même, plus que x semaines et t’as pas encore vu untel ou unetelle, tu vas pas regretter une fois loin ? ». Peut-être…mais pour le moment je suis sûre que j’ai besoin d’être centrée sur moi-même. Je décide de ne faire que ce dont j’ai envie, pas d’effort, aucune concession. C’est comme ça que je me reconstruis. C’est déroutant pour certains d’entre vous, je le vois bien. Je vous sens inquiets, aux aguets. Je sens la déception, l’étonnement voire l’amertume. Sachez que je vous aime toujours autant. Je sais que vous avez des besoins et envies vous aussi mais à partir de maintenant, je fais des miens la priorité. Je prends le risque de décevoir, d’être jugée voire moins aimée. Parce que à cet instant, je puise la force de la guérison en moi. Je vous remercie mille fois pour vos messages encourageants, vos douces paroles, vos bras réconfortants, votre soutien matériel, vos propositions et vos invitations. Je suis très touchée par votre soutien et attention. Chacun de vous apporte son offrande et veut mon bonheur, c’est extrêmement soulageant. Mais si vous souhaitez mon bien, acceptez que je reste dans mon coin. Tranquillisez-vous, je ne broie pas du noir, au contraire je découvre de nouvelles couleurs. J’apprivoise mes émotions, j’analyse un peu et surtout je grandis. Je ressens ce qui est mieux pour moi. La nature, le calme et le soleil sont mes alliés. Je m’entoure aussi de thérapeutes professionnels et bienveillants. J’écoute les oiseaux, je grignote dans le potager, je me prélasse dans l’oisiveté. Je prends mon temps. Rien qu’à moi. Je mange quand j’ai besoin et pas quand la cloche a sonné. Je dors dès que mon corps me le demande, je rie si le cœur m’en dit. Alors, encore une fois merci d’être à l’écoute, c’est très précieux pour moi. Mais ce n’est pas à vous de me sauver alors acceptez que je décline, que je me ravise, que je sois imprécise. Acceptez-moi exactement comme je suis. Ce qui me ferait le plus grand bien, c’est que vous aussi vous le preniez ce temps pour vous retrouver avec vous-même et vous mettre à aimer cette personne plus que toutes les autres. Ainsi, on pourra ensemble réécrire les règles du jeu et vivre nos vies en s’amusant.

 

Les Liaisons délicieuses

Cher directeur* de Radio France

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À écouter

 

À lire

Une lettre de plus sur votre bureau parmi la pile de candidats à la parole. Celle-ci, il faut vraiment que la lisiez car vous risqueriez de passer à côté de quelque chose, ou plutôt de quelqu´un : moi. J´ai entendu une de vos chroniqueuses se targuer d´être, je cite, « payée pour parler » et j´avoue qu´elle m´a ouvert la voie, V.O.I.E et V.O.I.X d´ailleurs. C´est exactement ce que je veux faire dans la vie ! Mais… « qui suis-je ? », « Quel est mon background ? ». Est-ce que j´ai fait l´ESJ, l´IJBA ou le CUEJ ? Eh bien non ! Je suis juste…enfin, ce serait me dévaloriser…je suis surtout Odré de RadiOdré ! Très prolixe sur les fameuses ondes de Radio Fajet et Radio Campus Rouen. J´ai aussi initié ma propre antenne sur Watt-sappe pour le cercle très privé des membres de ma famille en leur proposant un programme quotidien mélodieux. Puis, l´envie de faire porter ma voix à plus d´oreilles m´a titillée et j´ai crée RadiOdré.com sur la toile. Je diffuse ma bonne parole chaque semaine et certains de mes auditeurs m´ont affirmé que j´avais du talent. Mon problème actuel est que j´ai peu de visibilité ou plutôt d´audibilité et si je souhaite envoyer de bonnes ondes à plus grand nombre, m´immiscer dans les voitures, les cuisines, les chantiers, les écouteurs des joggers…j´ai besoin de vous ! Allez, soyez pas vache, je suis certaine que c´est une broutille pour vous de m´attribuer une chronique…je ne demande pas la lune, trois petites minutes hebdomadaires me suffiront amplement. J´accepterais même le lundi à 4h du matin. Radio France a toujours besoin de nouvelles têtes enfin de voix, non ? Je vous entends me dire que je n´ai ni diplôme de journaliste ni carte de presse. C´est vrai, mais j´ai quand même écrit des articles dans Artéfact le journal des étudiants de Nancy 2 ! Aucun membre de ma famille n´est un illustre reporter, présentateur télé ou acteur ? Certes et je sais que vous avez des comptes à rendre à vos administrateurs : « c´est qui la ptite nouvelle inconnue au bataillon ? ». Et bien, vous pourrez leur répondre que je suis issue de la princesse russe Barbe de Troubetskoï et d´Antoine Laurent Lavoisier, chimiste et philosophe français. Cela devrait leur clouer le bec ! En plus, je vis à Oulu près de la Laponie finlandaise et j´imagine que vous n´avez aucun correspondant dans le Grand Nord. Je pourrais être votre infiltrée. La voix scandisuave ! Je peux même glisser des mots en finnois pour faire rire les auditeurs, interviewer des élèveurs de rennes ou des chasseurs d´aurores boréales.  Honnêtement, vous ne le regretterez pas, j´emmène avec moi 218 amis qui n´ont pas encore l´immense joie d´écouter vos fréquences. En m´embauchant, vous ne ferez pas une heureuse mais un train entier ! Allez, je vous laisse réfléchir…

 

*des antennes et des contenus

 

Les Liaisons délicieuses

Cher patron de McDonald´s,

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Je vous écris suite à l´annonce que vous avez publiée en espérant qu´après lecture de cette lettre, vous serez dynamiquement motivé pour me recruter. Je pourrais vous dire que ce qui m´intéresse dans le poste d´employé de restauration est, avant tout, l´odeur délectable de graillon mais aussi l´attrait de l´uniforme (surtout la casquette qui donne un air jovial même à celui qui vient de passer 7h au dessus de la friteuse) et surtout cet unique et si chaleureux service client. Je pourrais ajouter que faire partie de la grande famille de Ronald est mon plus grand rêve depuis mes 5 ans et que je serais honoré de porter le M d´or. Néanmoins, aujourd´hui j´ai décidé d´être honnête donc je vous dirai que, si je postule, c´est parce j´ai besoin d´argent. Tout simplement. Croyez-moi, j´ai bien essayé d´éviter d´avoir à travailler mais ce voyage avec les copains en Espagne me fait vraiment envie. Alors, à mon tour, je vous demande si vous êtes prêt à embaucher quelqu´un de franc ? Si je vous avoue que je suis végétarien et que je privilégie le bio, que me répondrez-vous ? De tenter ma chance chez Satoriz ? Alors, oui, j´ai déjà essayé toutes les épiceries et coopératives de la région pour faire un job plus éthique mais je n´ai, malheureusement, pas été accepté. Des proches m´ont conseillé de vous contacter car il parait que vous êtes le 1er recruteur de jeunes. Alors, dites-moi, accepteriez-vous de contribuer au bonheur d´un jeune Français ? J´aurais pu vous la jouer « plan de carrière », que je saurai être force de proposition et assumer un rôle déterminant dans l´évolution de votre entreprise mais je vais nous éviter tout quiproquo : il me faut 1 500€ pour réparer ma twingo et partir à Malaga donc je compte assembler des big mac pendant deux mois maximum. Ainsi, vous ne prendriez pas un gros risque en m´embauchant…

J´espère que ma candidature aura retenu votre attention. Je vous saurai reconnaissant de me répondre avant la fin du mois pour que je puisse m´organiser au mieux. Je suis disposé à vous rencontrer en personne si vous souhaitez examiner mon physique avant de prendre votre décision.

Je ne vous envoie pas mes salutations distinguées, ce serait hypocrite étant donné qu´on ne se connait pas encore, mais je vous remercie vivement d´avoir pris sur votre temps précieux pour me lire.

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Les Liaisons délicieuses

Mes chers parents

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Mardi 24 avril 2018,

Je vous en ai souvent voulu, de m’interdire, de m´imposer, de m’empêcher, de ne pas me soutenir, de ne pas me comprendre. Je vous ai claqué la porte au nez parfois, boudés souvent, insultés aussi. J’ai quelque fois voulu fuguer, vous abandonner. Malgré mon ingratitude, vous m’avez gardé(e). Même si mon insolence vous a irrités, vous m’avez accompagné(e). Merci d’avoir changé mes couches et mouché mon nez, d´avoir pris le temps de m´expliquer les fractions et l´Antiquité. Merci d´avoir épongé mes chagrins et de ne pas m´avoir blâmé(e) pour tous mes excès. De payer mon loyer et de remplir mon frigo alors que vous rêvez que je reste sous votre toit. Merci de ne pas hurler quand j’annule mon inscription à Hypokhâgne pour partir faire le tour du monde. D’accepter que je suis clown et non banquier. Merci d’accueillir calmement l´aveu que je suis gay malgré les cailloux qui se bousculent dans votre gorge. De ne pas commenter mon divorce même si vous aimiez tant mon ex.  Merci d’entendre que je ne veux pas d´enfant, je ne me reproduirai pas juste pour vous rendre grands-parents. Merci de ne pas me critiquer, même si ça vous démange, quand je vous annonce que je vais quitter mon poste à responsabilités. Merci de toujours m’admirer même si je ne suis pas devenu(e) médecin comme vous ou comme vous auriez voulu l´être. Merci de ne pas m’en vouloir si j’annule ma venue dimanche, vous comprenez si bien que ma vie est faite d’imprévus. De porter mes valises quand je pars m´installer à l´autre bout du monde même si vous vous sentez fébriles. Merci de ne pas me faire la leçon sur l’éducation de mes enfants, c’est si bon que vous me laissiez hésiter, me tromper et décider par moi-même. De faire confiance à l´adulte que je suis devenu(e).  Ce n’était pas la vie que vous aviez rêvée pour moi, c’est la mienne, et vous l´acceptez. Alors, encore une fois MERCI…de m´avoir tendu les ciseaux pour couper le cordon et de m´avoir permis de m´envoler. De m’aimer sans condition et d’être si importants dans ma vie. Aujourd´hui, j´aimerais encore et surtout vous remercier pour votre touchante participation et vous (re)dire à quel point je vous aime. A mon tour, je vous l´affirme : « tout ira bien » .

 

 

Les Liaisons délicieuses

Cher corps,

Pour que le pigeon continue son voyage, (re)prenons le pli !

 

Dimanche 18 mars 2018,

Merci mes pieds de me soutenir chaque jour, de m´emmener à droite, à gauche, vite la plupart du temps, alors que je ne vous témoigne que peu d´intérêt. Ô chevilles, si fines et si solides, comment danserais-je sans vous ? Sacrés genoux ! si endurants, vous me permettez de gravir les échelons de la vie. Et vous, cuisses, que je critique, que je tripote en faisant la moue, fidèles piliers qui me maintenez, je devrais maintes fois vous masser. Mon sensible con, que j´accuse parfois, que je n´ose nommer, que j´oublie souvent. Puit où se niche ma jouissance, tu mérites d´être flattée plus souvent. J´agite le drapeau blanc à mes fesses : je vous ai si longtemps dédaignées voire détestées alors que vous avez toujours été fidèles, moelleuses et confortables. Ô ventre, je te tire mon chapeau d´être encore vigoureux après des kilos de Mc Do, des tonnes de conservateurs, des pelletés de sucre et des montagnes de stress. Je promets de te ménager dorénavant. Mains, que ferais-je sans vous ? Sûrement pas éprouver la douceur de la soie ou la chaleur d´un corps. C´est décidé, je vous regarderai avec amour. Bonjour mes seins, désolée de vous brider pour répondre aux canons de la beauté, bravo d´être si fermes et doux après avoir enduré tant de changements climatiques et avoir été titillés par des bouches viriles. Vous, qui ne demandez qu´à être caressés… Merci à mes épaules, malgré les haussements et froissements, vous êtes stables et garantes de mon équilibre. Oh mon dos, toi que j´accuse régulièrement alors que tu supportes le poids de mes décisions. Echine qui se courbe sous la peine, qui se tend de frustration et qui porte mes espoirs. Toi, le mât de mon navire, je m´incline devant ta robustesse et je te vaux bien plus de soin. Chère nuque, si fière et délicate, indispensable pour tenir tête à mes pensées. Je te couvre de baisers. Oh bouche, lèvres et langue, si sollicitées, merci d´être sensuelle, déliées, pendue. Je vous bise avec gourmandise. Cher nez, toujours à te pointer en première ligne, je te mène la vie dure avec mes épanchements, sans cesse je t´inspecte. Alors que tu me permets d´être transportée par des fragances exotiques. Ôreilles, je ne m´occupe jamais de vous sauf pour vous triturer avec un bâton ouaté ou vous censurer en vous bourrant de cire. Mais j´oublie que grâce à vous, j´entends les pépiements des oiseaux et je peux me déhancher sur des rythmes endiablés. A vos jolis petits lobes, je suspends perles et pendants qui illuminent mon visage. Ouïes, je vous écouterai mieux à present. Mes yeux, je vous considère quand vous débordez, je vous essuie agressivement même parfois. Pardon. Je devrais vous honorer car à travers vous, je m´émerveille, lance des clins d´oeil à la vie. Cher cerveau, oui je t´en veux beaucoup ces temps-ci. Tu me mènes en bateau, tu rumines à grande vitesse et m´empêche de dormir. Je suis un peu dure c´est vrai mais je t´aime, tu sais. Je te remercie précieux gardien de mes souvenirs, interprète linguistique. Tu m´évites bien des dangers et tu m´aides à formuler mes besoins et désirs. Allez, on fait la paix ?

Cher corps, je t´ai négligé, mais aujourd´hui, juré craché, je vais te penser.

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